Il y a les revenants comme Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé, et puis les sortants qui retrouvent leur liberté, comme Cécile Duflot ou Arnaud Montebourg. Il y a ceux qui défient la tempête comme François Hollande ou Najat Vallaud-Belkacem, les petits nouveaux qui font parler d’eux, comme Emmanuel Macron et Bruno Le Maire et ceux qui n’arrivent pas à décrocher, comme Jean-Luc Mélenchon. Et puis, il y a Martine Aubry, Marine Le Pen…
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Manuel Valls
Pour le quotidien espagnol El Mundo, il est tout simplement « l’homme de l’année ». Manuel Valls, « l’Espagnol qui veut changer la France », est mis à l’honneur ce lundi 29 décembre par le journal… de droite. Un choix qui peut paraître étonnant pour les Français, alors que la popularité du Premier ministre s’effrite. Dans l’interview qu’il a accordée aux journalistes d’El Mundo, Manuel Valls prévient : « Je ne veux pas dire aux Français que dans deux à trois ans les sacrifices seront terminés », tout en assurant que la croissance sera de retour d’ici là grâce notamment au Pacte de responsabilité. Un résumé de la touche Valls: ne pas édulcorer la réalité, croire en ses réformes, s’affirmer « pro-business », affronter la fronde des tenants d’une « vraie » politique de gauche…
Emmanuel Macron
Les Guignols de l’Info le dépeignent comme le bébé du gouvernement. La nomination d’Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires, au ministère de l’Économie a fait s’étrangler plus d’un socialiste, mais il incarne le réformiste, droit dans ses bottes, respectant la feuille de route « sociale-libérale » que lui a transmis son manager Manuel Valls. Mais on attend maintenant des résultats concrets sur les emplois que sont censés créer sa loi « pour la croissance et l’activité ».
Alain Juppé
Lui aussi est « droit dans ses bottes ». Nicolas Sarkozy cède devant des militants qui réclament l’abrogation du Mariage pour Tous ? Lui continue de porter ses idées malgré les sifflets et les huées de militants UMP jusque dans son fief bordelais. Selon les sondages, l’ancien Premier ministre est aujourd’hui le favori à droite pour la présidentielle de 2017.
Marine Le Pen
Dédiabolisé, le FN est devenu « le premier parti de France », aime-t-elle à rappeler depuis la victoire aux européennes au printemps dernier (24,% des suffrages exprimés). Avec 1.544 conseillers municipaux et douze mairies, les municipales ont également été une réussite. En 2104, la présidente du Front National a pu surfer sur l’impopularité record de François Hollande, la montée du chômage et la propagande des islamistes radicaux de Daech.
Nicolas Sarkozy
Il est de retour. Plus tôt que prévu, mais les primaires pour la présidence de l’UMP l’ont forcé à anticiper son retour à la vie politique. Élu président de « son » parti avec 64,5% des suffrages, Nicolas Sarkozy ravit ses supporters, qui l’estiment seul capable de redresser la France et de redonner à la fonction présidentielle son lustre perdu. Mais la greffe ne semble pas (encore ?) prendre avec les Français, qui lui préfèrent Alain Juppé pour 2017.
François Hollande
C’est l’année des couleuvres avalées. Vengeance de Valérie Trierweiler, femme blessée, « sans-dents », conseiller en communication aux chaussures bien cirées qui se lâche, mais surtout chômage et impopularité record… 2014, annus horribilis pour François Hollande. Et pourtant… Le chef de l’État maintient le cap, s’accroche et croit dur comme fer que sa politique va finir par porter ses fruits et que tout ira mieux d’ici la fin de son quinquennat. François Hollande, un roseau ?
Bruno Le Maire
Et si c’était lui le grand vainqueur des primaires UMP ? Bruno Le Maire a sillonné les fédérations UMP avec son bâton de pèlerin. Sa victoire ? Le « faible » score de Nicolas Sarkozy, dont il est en grande partie responsable (il a été crédité de 29,18 % des suffrages), et sa nouvelle notoriété sur laquelle il va pouvoir surfer. En refusant d’intégrer la direction du parti, il conserve sa liberté de parole.
Jean-Luc Mélenchon
Il avait pourtant décidé en juillet « prendre du recul, de ne rien faire, de bayer aux corneilles ». En août il quittait la coprésidence du parti de gauche. Il voulait limiter sa présence médiatique. Coup de blues passager, coup de bluff ? En tout cas, on l’a encore beaucoup vu, signe qu’il est devenu incontournable à gauche. Si les frondeurs du PS ont grignoté ses parts de marché, il reste le meilleur VRP de la « vraie gauche » et de ses totems, mis à mal par Manuel Valls et Emmanuel Macron.
Cécile Duflot
Elle a été la première, avec son collège écologiste Pascal Canfin, à quitter le navire gouvernemental à la dérive en mars dernier, à l’arrivée de Manuel Valls à Matignon. Le nouveau Premier ministre en a profité depuis pour détricoter sa décriée loi sur le logement. Mais l’écologiste, qui n’a jamais goûté la muselière gouvernementale, a pu de nouveau montrer les crocs, notamment à travers un livre (De l’intérieur, voyage au pays de la désillusion) où elle charge François Hollande, « président de personne ».
Arnaud Montebourg
Le caillou dans la chaussure de François Hollande a fini par devenir vraiment trop gênant. L’emblématique ministre du Redressement productif, devenu ministre de l’Économie, n’a pas résisté à la nouvelle orientation sociale-libérale du gouvernement Valls 2. En août, il quitte le gouvernement en compagnie de Benoît Hamon. L’aile gauche déserte le gouvernement. Héros, le héraut du Made in France ? Ou rat qui quitte le navire ? Le pari est en tout cas risqué, et à part sa vie sentimentale, la fin d’année est plus discrète pour Arnaud Montebourg. Dans l’optique de 2017, nous devrions le revoir bientôt.
Martine Aubry
Elle est sortie de son silence assourdissant. Que le gouvernement soit accusé de ne pas mener une politique de gauche, passe encore, surtout avec Jean-Marc Ayrault à Matignon, mais que sous la houlette de Manuel Valls il s’en prenne à des totems, en voulant faciliter le travail du dimanche ou en pensant assouplir ses 35h, c’en est trop. La maire de Lille multiplie les attaques contre l’exécutif depuis son interview au JDD en octobre. S’en se présenter comme un recours, elle donne ses conseils et présente sa méthode. Jusqu’ici ses paroles n’ont pas franchi les portes de l’Élysée.
Najat Vallaud-Belkacem
Elle ne se départ pas de son sourire malgré l’hostilité que la simple évocation de son nom déclenche et les attaques dont elle est victime. Lutte pour l’égalité des sexes et contre les discriminations… Qu’elle soit ministre des Droits des femmes ou ministre de l’Éducation nationale, elle avance, sure de ses convictions. « Ceux qui s’expriment (qui la critiquent, NDR) ne me connaissent pas bien, mais c’est bien, ils vont avoir le temps d’apprendre à me connaître », déclarait-elle au moment de la passation de pouvoir avec Benoît Hamon à qui elle succédait à l’Éducation. Ses idées, dans une opinion chauffée à blanc par le débat sur le Mariage pour Tous sont clivantes, mais elle les défend sans relâche. Et les fait avancer ?
Source Article from http://rmc.bfmtv.com/point-de-vue/qui-est-la-personnalite-politique-de-l-annee-641793.html
Source : Gros plan – Google Actualités
