Ce qui ravit les vacanciers peut aussi s’avérer une calamité pour certaines professions. Ainsi, loin des jeux de plage, les éleveurs – déjà confrontés à la crise des prix – connaissent un vrai calvaire : « La situation risque de s’aggraver d’ici l’automne, en raison notamment de la sécheresse », prédit Sébastien Debieu, secrétaire général de la FDSEA… Un pessimisme que les prévisions de Météo France ne démentent pas : « L’absence de précipitations depuis un mois, voire parfois plus sur certaines régions, combinée à des températures exceptionnellement chaudes depuis début juillet ont provoqué un assèchement très important des sols », souligne l’office météorologique.
Le Languedoc-Roussillon concerné
Depuis le début du mois de juillet, plus de 40 départements étaient déjà concernés par un ou plusieurs arrêtés préfectoraux imposant des restrictions à l’usage de l’eau. Un chiffre qui monte à 52 départements concernés ce mercredi 22 juillet. Relativement épargnée jusqu’ici, le Languedoc-Roussillon est à son tour concerné.
RESTRICTIONS
Hérault : vigilance
Dans les zones placées en “Restriction niveau 1”, les principales mesures sont l’interdiction 24 h / 24 h du remplissage des piscines privées, du lavage des véhicules en dehors des stations professionnelles et du fonctionnement des bornes et fontaines en circuit ouvert. Dans la journée (8 h – 20 h), il est également interdit d’arroser les terrains de sports, golfs, jardins, pelouses et espaces verts publics et privés. Et le fonctionnement d’un certain nombre d’établissements (stations d’épuration, plans d’eau, activités économiques…) est strictement réglementé. Attention, toute infraction est passible d’une contravention de 1 500 € (3 000 € en cas de récidive).
Lozère en « crise »
« On est dans une situation qui ressemble à celle de 2011, avec une sécheresse très sévère » , selon René-Paul Loni (DDT Lozère). Le département en est à son troisième arrêté de restriction depuis le mois de juin, renforçant les mesures déjà prises. Une « situation de crise » qui reste cependant sous contrôle, même si M. Loni admet que « si la tendance s’accentue, on pourrait devoir rapidement envisager de rationner l’eau. » Actuellement, l’arrosage des jardins potagers n’est permis que de 6 h à 9 h puis de 19 h à 22 h. L’irrigation pour les usages économiques est interdite les samedis et dimanches, et de 8 h à 21 h les autres jours de la semaine…
Gard en alerte
« Les prévisions météorologiques ne prévoient pas d’amélioration (…), si ce n’est quelques épisodes orageux sur les Cévennes en fin de semaine. Ils ne permettront pas de rétablir la situation hydrologique » a annoncé mardi le préfet du Gard, qui a placé en alerte de niveau 1 la plupart des cours d’eau du département et en alerte de niveau 2 le bassin-versant amont de la Cèze.
Premier département touché, la Lozère : « On n’a pas vu une goutte depuis le 15 juin, maintenant on est passés en “alerte renforcée”, ça monte en puissance », précise Jean-Louis Balme, maire d’Altier en Cévennes et éleveur de bovins. Lorsqu’il porte la casquette d’éleveur, M. Balme s’inquiète essentiellement pour les pâturages et il explique la mise en place d’un tour de rôle : « Depuis le week-end dernier, on ne peut irriguer qu’à 50 %. Le Copage (Comité pour la mise en œuvre du plan agri-environnemental et de gestion de l’espace, NDLR) gère le planning et chacun irrigue, soit à moitié, soit un jour sur deux… »

Inquiétude pour le mois d’août
En tant qu’élu, Jean-Louis Balme s’inquiète surtout pour le mois d’août : « Pour l’instant, les captages tiennent, souligne-t-il. Mais on s’inquiète plus à partir du 1er août, avec la plus forte affluence touristique. » Inquiétude « partagée par tous les élus du secteur », souligne René-Paul Loni, directeur départemental des territoires (DDT) en Lozère. « Nous avons des prévisions à trois jours, qui nous annoncent des pluies pour ce mercredi, cela devrait ralentir un peu la baisse de débit des cours d’eau », précise-t-il.
Un peu de pluie ?
Mais si l’on en croit les prévisions de Météo France, cet épisode pluvieux (et parfois orageux) sera de courte durée, avant une longue période ensoleillée sur l’ensemble de la région, dès jeudi et au moins jusqu’à dimanche… Et si « la Lozère a été plus fortement impactée, l’ensemble de la région est quand même au-dessous des normales (…). Il convient de prendre des précautions, ce qui explique les restrictions appliquées dans certains départements, mais les nappes souterraines restent à des niveaux suffisants », explique Emmanuel Balloffet, de la Dreal (Direction régionale environnement, aménagement, logement).
Premières restrictions
La fournaise gagne cependant du terrain, une grande partie du Gard, certains points de l’Aude (Minervois) et dans les Pyrénées-Orientales (en amont de Céret)… Enfin, mardi après-midi, la préfecture de l’Hérault a fait savoir que « l’absence de pluie et les fortes chaleurs de ces dernières semaines ont pour conséquence la diminution globale des ressources en eau », en conséquence de quoi le préfet de l’Hérault a décidé les « premières restrictions sur les affluents de l’Orb excepté le fleuve Orb » lui-même. « On a connu pire », temporise Jean-Louis Balme, mais l’été 2015 semble tout de même bien parti pour rejoindre le palmarès des grandes canicules de 1976, 1983, 2003 et 2006…
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Source : Gros plan – Google Actualités
