Son directeur artistique Alberto Barbera a prévénu, la 72e Mostra de Venise, qui se déroulera du 2 au 12 septembre 2015, va mettre l’accent sur thèmes ancrés dans la réalité ou en prise avec l’Histoire, avec des films « surprenants, inattendus et dérangeants » (lire en encadré).
Une Mostra de valeurs sûres et de découvertes
Le festival de cinéma le plus ancien au monde présente cette année « un panorama complet de la réalité du cinéma contemporain », a encore expliqué Alberto Barbera, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue, ce mercedi, à Rome.
Les spectateurs assisteront « au retour de grands réalisateurs, mais également à la venue de nombreux débutants », a détaillé le directeur artistique, en évoquant un programme « très varié, avec des œuvres expérimentales et de grands films d’auteur ». Et pour varier les plaisirs, il promet aussi « des films hollywoodiens et à grand spectacle, tels que les aime le public ».
Johnny Depp, Robert de Niro ou Leonardo di Caprio
De nombreuses stars américaines sont d’ailleurs attendues sur le Lido. On espère voir Johnny Depp (hors compétition avec « Black Mass » de Scott Cooper), Jake Gyllenhaal et Robin Wright (pour « Everest » de l’Islandais Baltasar Kormàkur) ou encore Anthony Hopkins (« Go with me » de Daniel Alfredson), Michael Keaton, Mark Ruffalo et Rachel McAdams (pour « Spotlight » de Thomas McCarthy) voire même Robert de Niro, Leonardo di Caprio et Brad Pitt, tous trois réunis pour jouer leur propre rôle dans un court-métrage promotionnel de Martin Scorsese (« The Audition »).
Les Britanniques Ralph Fiennes et Tilda Swinton fouleront eux avec certitude le tapis rouge, aux côtés de la jeune Américaine Dakota Johnson (« Cinquante nuances de Grey ») et du Belge Matthias Schoenaerts (« Suite française », « De rouille et d’os », « Loin de la foule déchaînée »), pour l’un des films les plus attendus de la compétition : « A Bigger Splash » de l’Italien Luca Guadagnino, remake du thriller français « La Piscine ».
Israël, le nazisme, la pédophilie et les attentats
Mais au-delà du tapis rouge, c’est surtout l’actualité et l’Histoire qui se disputeront le feu des projecteurs, ceci à travers 21 films en compétition pour le fameux Lion d’Or. Ainsi, dans « Rabin, the last day », Amos Gitaï racontera le dernier jour du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné le 4 novembre 1995 à Tel-Aviv à la fin d’une manifestation en faveur de la paix avec les Palestiniens. Et dans « Remember », le Canadien Atom Egoyan s’est approprié, quant à lui, l’histoire d’un homme âgé, joué par Christopher Plummer, qui part aux États-Unis se venger après avoir découvert que le nazi qui a assassiné sa famille y vit sous une fausse identité.
Mais on verra aussi du cinéma latino-américain. Dans « Desde allà », le Vénézuélien Lorenzo Vigas évoque les penchants pédophiles et homosexuels d’un patron de société pharmaceutique quinquagénaire, tandis que « El Clan » de l’Argentin Pablo Trapero raconte l’histoire vraie de la famille Puccio qui dans les années 1980, s’est spécialisée dans le kidnapping et le meurtre.
Le Lion d’Or pour la carrière de Bertrand Tavernier
D’autres films abordent des sujets plus intemporels et plus conformes à ce qu’on peut trouver dans un festival. C’est le cas de « L’Attesa » de l’Italien Piero Messina, qui décrit l’attente en Sicile d’un jeune garçon par deux femmes interprétées par Juliette Binoche et Lou de Laâge.
Parmi les séances spéciales, le Français Yann Arthus-Bertrand profitera de l’évènement pour dévoiler son nouveau documentaire, « Human », simultanément à Venise et devant l’assemblée générale de l’ONU à New York.Autre grand français présent : Bertrand Tavernier. Le réalisateur de « L’horloger de Saint-Paul », « Coup de torchon », « Capitaine Conan » ou « Ca commence aujourd’hui » doit recevoir un Lion d’Or pour l’ensemble de sa carrière.
Présidé par le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron à qui l’on doit « Gravity », le jury, qui regroupe, entre autres, l’écrivain et scénariste français Emmanuel Carrère, l’actrice allemande Diane Kruger et le réalisateur taïwanais Hou Hsiao-hsien, va devoir départager : « Abluka » de Emin Alper (Turquie-France-Qatar), « Heart of a Dog » de Laurie Anderson (USA), « Sangue del mio sangue » de Marco Bellocchio (Italie-France-Suisse), « Looking for Grace » de Sue Brooks (Australie), « Equals » de Drake Doremus (USA), « Remember » de Atom Egoyan (Canada-Allemagne), « Beasts of No Nation » de Cary Fukunaga (USA), « Per amor vostro » de Giuseppe M. Gaudino (Italie-France), « Marguerite » de Xavier Giannoli (France-Belgique-République tchèque), « Rabin, the last day » d’Amos Gitaï (Israël-France), « A Bigger Splash » de Luca Guadagnino (Italie-France), « The endless River » de Oliver Hermanus (Afrique du Sud-France), « The Danish Girl » de Tom Hooper (GB-USA), « Anomalisa » de Charlie Kaufman et Duke Johnson (USA), « L’attesa » de Piero Messina (Italie-France), « 11 minut » de Jerzy Skolimowski (Pologne-Irlande), « Francofonia » de Aleksandr Sokurov (France-Allemagne-Pays-Bas), « El Clan » de Pablo Trapero (Argentine-Espagne), « Desde allà » de Lorenzo Vigas (Venezuela-Mexique), « L’hermine » de Christian Vincent (France), « Behemoth » de Zhao Liang (Chine-Francia).
Source Article from http://www.ouest-france.fr/mostra-de-venise-21-films-inattendus-et-derangeants-en-competition-3592991
Source : Gros plan – Google Actualités
