voyance gratuite

CAN : Lendemain de fête à Bata – Le Monde

Des supportrices célébrant Javier Balboa, héros du quart de finale remporté par la Guinée équatoriale à Bata. Devant la superbe cathédrale de Bata, un panneau indique qu’il faut une tenue « convenable » avant d’entrer. Pas de sandalettes, de tongs, de chemisier échancré… Bref, il convient d’être vêtu décemment. Ce matin, ils sont nombreux à porter fièrement leurs beaux habits du dimanche. La messe commence à 10 heures, l’église est pleine. Quelques-uns ont quand même fait une entorse au règlement. Mais la tentation était forte, et personne ne leur en voudra. Avec le maillot rouge du Nzalang nacional, qui s’est qualifié la veille pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des nations, ils sont venus prier seul, ou en famille.

Le foot est donc entré dans l’église, mais personne n’ignore qu’en Afrique centrale ce sport est aussi une religion. « La qualification est un miracle, jure Esteban devant l’édifice. Quand Maradona a marqué un but de la main en Coupe du monde, il a dit que c’était “la main de Dieu”. Moi, je dis que ce penalty qui nous a été accordé, c’est la grâce de Dieu ! » Même s’il est impossible de lire dans le cœur de chacun au moment de se recueillir, on supposera que certaines prières sont adressées à Javier Balboa. En signant un doublé la veille, il est devenu le nouveau héros de la Guinée équatoriale et a exaucé toutes les vœux.

Dans un stade en ébullition, il a fallu à l’attaquant du Nzalang des nerfs d’acier et du courage, beaucoup de courage, pour tirer un penalty à la 93e minute, alors que son équipe était menée (1-0) par la Tunisie. Au milieu des prolongations (102e), c’est encore lui qui, d’un coup-franc magistral à l’entrée de la surface de réparation, a expédié le ballon dans la lucarne adverse et propulsé son équipe en demi-finale de la Coupe d’Afrique. Un niveau qu’elle n’avait jamais atteint et sur lequel personne n’aurait misé un franc CFA.

« HASTA EL FINAL ! »

Car l’équipe, qui avait été disqualifiée au début des éliminatoires pour avoir titularisé un joueur non-sélectionnable, ne doit sa présence qu’au seul fait qu’elle soit celle du pays hôte. Et qu’elle n’a récupéré l’organisation du tournoi qu’après le retrait du Maroc, moins de deux mois avant le coup d’envoi. Son sélectionneur, l’Argentin Esteban Becker, a été nommé dans l’urgence dix jours avant le match d’ouverture face au Congo (1-1). Après un autre match nul contre le Burkina Faso (0-0), elle s’est certes hissée en quart de finale grâce à une belle victoire face au Gabon (2-0).

Si pour les Equato-guinéens, seul pays hispanophone d’Afrique, cette qualification est « milagrosa », elle est « une honte », comme l’a déclaré Georges Leekens, entraîneur belge de la Tunisie. Car avant que le beau Javier Balboa ne s’élance devant 35 000 personnes à la dernière minute du temps réglementaire, il n’y avait absolument pas penalty… A Bata, personne ne veut en entendre parler. Accrochés sur le toit des voitures, massés par dizaines à l’arrière des pick-up, les habitants de la capitale économique de Guinée équatoriale ont fêté toute la nuit la victoire de leur équipe à coups de klaxons et… de bières San Miguel.

Il est 11 heures. Au marché central, tout le monde est affalé sur des chaises devant les boutiques. La plupart somnole. Ce n’est pas une crise de paludisme, encore moins Ebola, c’est seulement la gueule de bois, le mal aux cheveux. La police patrouille mollement elle-aussi quand soudain, une voiture surgit. Fixés au toit, aux fenêtres et même noués aux essuie-glace, le véhicule est couvert de drapeaux. « Hasta el final… Hasta el final !», hurle le conducteur entre deux coups de klaxons. On lève un poing en guise de salut.

Source Article from http://www.lemonde.fr/football/article/2015/02/01/can-lendemain-de-fete-a-bata_4567610_1616938.html
Source : Gros plan – Google Actualités

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

tarot gratuit
Appel Sans CB ☎️