
Yvette Bert, 76 ans, dite ‘Mamie Loto », est morte le jour de Noël des suites de problèmes de santé. Un an auparavant, elle avait été condamnée à six mois de prison avec sursis et à près de 120 000 euros d’amende pour avoir organisé 169 lotos sans avoir payé d’impôts sur les recettes.
A l’époque de sa condamnation, le sort de cette femme divorcée, mère de sept enfants, dont les revenus s’élevaient à 650 euros par mois, avait choqué, voire scandalisé l’opinion.
« Elle était très fatiguée, je pense qu’elle n’avait plus la force de se battre pour vivre. Elle est morte un an jour pour jour après avoir tenté de se suicider, c’est l’ironie du sort », a commenté son avocate, Claire Lamoril-Houtart.
Lundi 29 décembre, La Voix du Nord a publié une lettre qu’Yvette Bert leur avait fait parvenir, un mois avant sa mort.
« Il y avait beaucoup de caméras. Il fallait que je sois condamnée »
Amère face au traitement médiatique qui lui a été réservée, Mme Bert, souhaitait, dans cette lettre, rétablir « sa » vérité.
« Il faut tout dire. Je ne suis pas un ange ni un démon. J’ai essayé d’aider les autres. Au maximum. Je n’ai jamais franchi la ligne jaune. On n’a jamais arrêté mes lotos, ni saisi quoi que ce soit. »
Elle dénonce : « J’ai fait trop de lotos, d’accord. Mais les autres ? Il y a des associations dans la métropole lilloise qui en font bien plus (…) et les autorités sont au courant. »
La septuagénaire, qui affirmait n’avoir jamais gardé d’argent pour elle, plaidait sa bonne foi : « Croyez-vous que je ne suis pas allée aux impôts lorsque j’ai eu le contrôle de Frévent en 2011 ? Il m’a été répondu que j’avais un numéro de SIRET et que la loi de 1901 stipule que si vous n’avez qu’un fonds de roulement en fin d’année, vous n’avez rien à payer. »
Alors que les médias évoquaient une somme de 460 000 euros récoltée par l’organisatrice via ses jeux, elle tient à préciser :
« Il faut savoir que j’avais des frais : l’achat de lots, les locations de salle, l’électricité, l’eau, le chauffage… Il ne m’en restait que la moitié, que je donnais aux associations et aux personnes qui avaient un gros problème. »
Yvette Bert évoque enfin son procès, très médiatisé, dont l’issue était selon elle courue d’avance. « Il y avait beaucoup de caméras. Il fallait que je sois condamnée. Certains organisateurs [de loto] ont peur depuis. C’était le but. »
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Source Article from http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/12/30/un-mois-avant-sa-mort-mamie-loto-se-defendait-dans-une-lettre-a-la-presse/
Source : Gros plan – Google Actualités
