Tout est parti de la mauvaise image dont souffre le footballeur Thierry Henry. En voulant défendre son ancien coéquipier d’Arsenal ou en équipe de France, Emmanuel Petit a prononcé, dans un entretien accordé au site Sport.fr, une phrase de trop.
« La France est hypocrite et lâche. Parfois, je me dis qu’en ayant été envahis par les Allemands, on serait mieux dirigés aujourd’hui. »
Le dérapage n’est pas passé inaperçu. La formule choc, reprise un peu partout, est analysée comme l’expression d’une nostalgie de l’Occupation. Le milieu du sport exprime son indignation.
J’ai comme l’impression qu’Emmanuel Petit a perdu une occasion de se taire…
— Sébastien Vandame (@sebvandame) 3 Décembre 2014
Tout comme certains journalistes :
Et dans le championnat d’Allemagne des années 40, il aurait préféré jouer où Emmanuel Petit ? Dans l’équipe de Dachau ou celle d’Auschwitz ?
— Olivier Biffaud (@bif_o) 2 Décembre 2014
La polémique enfle tellement vite que, quelques heures à peine après la publication de son interview, le champion du monde 1998 réagit auprès de Yahoo! pour se défendre :
« L’Allemagne nous démontre aujourd’hui qu’elle est bien meilleure que nous, politiquement, économiquement et sportivement, et je ne voulais rien dire d’autre. Mais je ne pourrai jamais empêcher les gens de faire des amalgames. L’Allemagne que j’aime, c’est celle d’aujourd’hui. Ne me faites pas dire ce que je n’ai jamais pensé. »
La phrase décriée s’inscrit en fait dans le contexte plus large d’une critique de la société française et de ses élites. « J’ai beaucoup de mal avec les Français, je n’ai jamais vu un peuple aussi arrogant, suffisant, menteur et hypocrite », estime ainsi l’ancien milieu de terrain des Bleus. Sans affirmer directement qu’ils sont aussi racistes, Emmanuel Petit souligne le rôle joué par son sport dans la lutte contre ce phénomène :
« Au moins, le football combat le racisme. Dans un vestiaire de foot, c’est Benetton, alors cela me fait marrer quand on parle de problème de racisme entre joueurs et entraîneurs. Et si tu enlèves ce sport, ce sera encore pire dans la rue. »
Le footballeur termine par une pique lancée aux responsables français. « Quand Brandao prend un mois de prison pour un coup de tête, Cahuzac est encore en liberté, Thévenoud siège toujours à l’Assemblée nationale. Et on ne parle que de ceux qui ont été pris la main dans le sac. »
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Source Article from http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/12/03/si-les-allemands-etaient-restes-chronique-dun-derapage-demmanuel-petit/
Source : Gros plan – Google Actualités
