5 bonnes raisons de préférer Notorious BIG à 2Pac [DOSSIER] – Booska-p

Posté le 29 Mars 2016 à 17h14, par Aurelien

Scarface ou Les Affranchis ? Muhammad Ali ou Mike Tyson ? The Wire ou Les Soprano ?

Certains sujets ont le don pour enflammer les conversations les plus anodines et déclencher des guerres de commentaires sans merci entre fanatiques des deux bords.

Parmi eux figure en bonne place le débat qui oppose Notorious BIG à 2Pac. Il faut dire que la réponse n’est pas sans enjeu puisqu’elle revient d’une certaine façon à désigner le meilleur rappeur de l’histoire du rap.

Si Tupac rallie bien souvent la majorité des suffrages chez les non-initiés et les nouvelles générations, chez les aficionados beaucoup estiment que Christopher Wallace tient le manche… et ce non sans raisons.

Voici en effet 5 arguments 100% objectifs et 100% scientifiques (ou presque) qui font de Notorious BIG, hier comme aujourd’hui le grand vainqueur de ce duel et le numéro uno du game.

« And if you don’t know, now you know! »

 


1. Notorious BIG a plus de flow

2Pac a beau insuffler toute sa passion et sa sincérité dans ses textes, dur de contester la couronne de maître du flow au MC de Brooklyn.

Le premier est plus un conteur d’histoires, tandis que le second est un rappeur pur sucre chez qui les mots sont au service du phrasé.

Là où ‘Pac a besoin d’une instrumentale et d’un refrain accrocheur pour faire passer son message, Biggie transcende le beat en faisant de sa voix l’attraction principale du morceau.

Une voix épaisse mais modulable à souhait, sombre mais toujours articulée, qui lui permet d’enchaîner les variations à merci et toujours avec aisance – parfois au sein d’une même mesure.

Jusqu’à aujourd’hui encore, rares sont ceux capables de telles prouesses.

[À titre d’exemple, Gimme the Loot a beau contenir pas moins de 6 samples, aucun ne détourne l’oreille de l’auditeur des lyrics]

Technique toujours, si l’une des particularités du flow de BIG est de s’appuyer sur un grand nombre de phrases courtes qu’il place où bon lui semble, ses couplets sont pourtant remarquablement dépourvus de temps morts.

De son côté, il faut bien admettre que 2pac rappe un peu toujours pareil – peut-être parce qu’il écrivait puis enregistrait ses morceaux à la chaîne sans même connaitre l’instru ?

Illustration sans appel avec la vidéo mythique ci-dessus où l’on voit les deux hommes encore amis à l’époque freestyler chacun leur tour.

 


2. Notorious BIG écrit mieux

Malgré ses nombreux jeux de mots et assonances, ses textes ne sont pas des plus complexes à saisir.

Une accessibilité voulue (et travaillée comme telle) qui permet à Biggie d’emmener son auditeur là où il le souhaite, que ce soit dans les soirées les plus dépravées ou dans les tréfonds du ghetto, pour coller au plus près à ses histoires d’adultères et d’homicides.

BIG n’hésite pas à transgresser certains tabous propres au rap comme lorsqu’il s’époumone : « Fuck the world, fuck my moms and my girl ! »

Il est également le rappeur préféré des rappeurs.

Ces derniers reprennent à foison ses rimes : alors que sa discographie est en volume 3 à 4 fois plus importante, 2Pac n’a été samplé que 424 fois contre 1 053 fois pour Biggie ! (et pas seulement par Jay Z donc).

Il a également ghostwrité à la chaîne, s’adaptant à chaque fois au style de son commanditaire (Diddy, Junior MAFIA, Ma$e…), ou comme ce fut le cas avec Lil Kim, en créant à lui seul une sorte de nouvelle école.

Enfin il a été le premier à ne pas poser ses textes sur papier. Une méthode qui lorsqu’elle est assimilée, permet de fluidifier son écriture en se libérant des carcans du stylo. De Lil Wayne à Fetty Wap, très nombreux sont ceux qui l’ont fait siennne.

Oh et Me and my Bitch > Me and my Girlfriend

 


3. Notorious BIG a sorti l’album parfait

Aucun album de 2Pac n’est meilleur que Ready to Die.

Certes la discographie de l’immigré californien propose son lot de perles, mais même son magnum opus All Eyez on Me n’est pas exempt de longueurs.

Le premier solo de Biggie a su créer un gangsta rap à la sauce new-yorkaise qui va tenir la dragée haute à toute l’écurie Death Row alors en pleine bourre, mais surtout qui va mettre en lumière une personnalité aussi complexe que torturée.

Tour à tour cela donne dans le gangstérisme fantasmé (« I’ve been robbing motherfuckers since the slave ships »), l’introspection dépressive (Suicidal Thoughts), le matérialisme festif (Juicy), les ambiances feutrées (Big Poppa), les luttes quotidiennes (Everyday Struggle)…

Ready to Die fait étalage 17 titres durant d’une grande versatilité, sans que jamais la cohésion du disque n’en souffre.

Les prod’ de DJ Premier, Easy Mo Be et Lord Finess n’y sont pas pour rien.

Illmatic et Enter the Wu-Tang ne sont pas les seuls albums parfaits de l’histoire du rap.

[Un mot sur son successeur le pharaonique Life After Death qui pâtit souvent de la comparaison, alors que non. Certaines voix considérant même cet LP comme supérieur…]

 


4. La Junior M.A.F.I.A. met la pâté aux Outlawz

Est-ce vraiment nécessaire d’en parler ?

Qui se souvient du nom des membres du crew de 2Pac qui à l’exception de Hit ‘Em Up ont tout fait pour ruiner The Don Killuminati: The 7 Day Theory ?

L’album Conspiracy sorti en 1995 est quant à lui de très bonne facture et comporte quelques hits qui ont marqué leur temps comme Get Money et Players Anthem.

Lil’ Kim était une star à elle toute seule grâce à son premier solo certifié platine (Hard Core), tandis que Lil Cease faisait office de sidekick tout à fait respectable.

En outre, Notorious BIG a beaucoup œuvré pour faire éclore une nouvelle scène, que ce soient les artistes de chez Bad Boy (de 112 aux Lox), mais aussi certains talents qui auraient pu lui faire de l’ombre et qui finiront par accomplir la carrière que l’on sait (comme Jay Z, Cam’ron, ou à un degré moindre Charlie Baltimore).

 


5. Son duo avec Puff Daddy fonctionnait à merveille

Si Suge Kight est celui qui a porté la carrière de Tupac au pinacle, il a fini par l’enfermer dans une caricature de thug qui au final ne lui correspondait pas tant que ça.

Peu avant la mort du rappeur les deux hommes étaient d’ailleurs au bord de la rupture.

De leur côté Christopher Wallace et Sean Combs, amis à la ville comme à l’écran, ont mis ou point une formule parfaitement équilibrée basée sur leur altérité.

Responsable du succès de nombreux artistes rap et R&B, Puffy pousse Biggie à enregistrer des titres plus pop, plus calibrés pour conquérir les charts (One More Chance, Big Poppa, Hypnotize…) sans pour autant altérer sa crédibilité de rue.

Le duo dynamique devient ainsi le principal artisan de l’avènement de ce rap paillettes que l’on n’appelle pas encore bling bling.

[Dans les 90’s le distinguo rappeur commercial/rappeur underground n’était pas à prendre à la légère.]

« I was Murder, P. Diddy made me pretty/did it for the money, now can you get wit me? »

Beaucoup ont déploré cette orientation vers le mainstrem, mais in fine elle a fait de Biggie un artiste plus complet qu’auparavant.

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Source : Gros plan – Google Actualités